Fantasy, Lectures "La tête dans les étoiles"

Rivages par Gauthier Guillemin

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Editions Albin Michel Imaginaire

Ebook

Paraitra le 30 octobre 2019

 

Quatrième de couv’ :

On l’appelle le Voyageur.

Il a quitté une cité de canalisations et de barbelés, un cauchemar de bruit permanent et de pollution qui n’a de cesse de dévorer la forêt.

Sous la canopée, il s’est découvert un pouvoir, celui de se téléporter d’arbre en arbre.

Épuisé, il finit par atteindre un village peuplé par les descendants de la déesse Dana, une communauté menacée par les Fomoires, anciennement appelés “géants de la mer”. Là, il rencontre Sylve, une étrange jeune femme au regard masqué par d’impénétrables lunettes de glacier.

Pour rester avec elle, dans ce village interdit aux Humains, le Voyageur devra mériter sa place.

Mon avis :

Merci à Gilles Dumay pour ce service presse :

  • L’intrigue :

Dans un monde où la Nature a repris ses droits et effraye les humains retranchés derrière des murs de béton, Le Voyageur brave le Dômaine où il pense trouver la mort rapidement mais le désir de liberté est le plus fort. Curieusement, il ne meurt pas et explore de plus en plus profondément la forêt qui semble le protéger. Son observation va lui faire découvrir un étrange pouvoir avec ce qu’il appellera les « arbres-voyageurs », de cette façon, son voyage le fera déboucher dans le village du peuple Ondin, il rencontrera Sylve ainsi qu’une autre façon de vivre.

  • Le monde et la philosophie qui se dégage :

On se trouve une monde de fantasy post-apocalyptique, la Nature a repris ses droits de manière assez violente, c’est elle désormais qui mène la danse et les Hommes se sont retranchés derrière des murs de béton pour mettre la Nature à l’écart. Les arbres sont des êtres vivants, les racines, les lianes et les animaux sauvages attaquent les humains qui s’en prennent aux arbres ou traitent les sols, l’armée protège les ouvriers qui doivent jouer de la tronçonneuse. Cette forêt sans limite est appelée le Dômaine.

A l’inverse, la Cité, îlot de béton gris dans une mer émeraude, est décrite comme grise et poussiéreuse, remplie d’âmes tristes, en quête perpétuelle de nouvelles ressources qu’elle arrache toujours de force à la terre afin d’assurer sa propre survie. Le bruit des machines y est constant, contrairement au silence de la forêt. La Cité est ceinturée par la Brèche, sorte de No man’s land qui lutte sans cesse pour garder le Dômaine à distance, éradiquant le moindre signe de vie grâce à des forçats (lie de la population, bagnards), de pauvres hères qui y voient une façon d’avoir un brin de liberté et des robots.

Le Dômaine est un lieu où Le Voyageur trouve la paix de l’esprit, dans une longue balade en forêt où notre héros va s’interroger sur la relation de l’humain à la Nature, dont on l’a oublié et comment il va tenter de revivre en harmonie avec elle. Sa façon de s’alimenter qui va passer d’ultra-synthétique à naturelle (on ne sera pas épargné par l’immanquable diarrhée de compétition mais c’est logique ^^), il s’émerveille des odeurs et des couleurs du Dômaine, le seul objet technique qu’il a conservé est une boussole. Sa vie avec le peuple Ondin sera également l’occasion de revoir son mode de vie avec les autres, ici on s’entraide et tout le monde doit participer à la vie de la communauté, corvée d’eau, de nourriture, réparations en tout genre et tours de garde. Les humains contrairement aux Tuathas Dé Dana n’ont jamais su trouver la paix avec la Nature, vivre avec elle et non contre elle.

  • Les références :

Dans ce roman, l’auteur puise énormément dans la mythologie irlandaise avec la Déesse Dana et son peuple les Tuatha dé Dana dont les Ondins se disent les descendants. On voit également leurs ennemis les Fomoires qui ont été battus par les Tuathas avant d’être eux-mêmes dégagés par les humains. Ce peuple des Tuathas vient de la mer et les Ondins rêvent de retrouver un jour les rivages de leur naissance (d’où le titre je suppose ainsi que le fait qu’une fois l’Homme est arrivé, les êtres féériques ont été relégués aux rivages de la terre appropriée par les humains). Toute une série d’artéfacts est évoquée dont la fameuse Pierre de Fal qui chante lorsqu’un roi légitime s’assied dessus selon la légende.

Il y a également des références à la mythologie greco-romaine avec les Ondines qui portent toutes des lunettes opaques pour ne pas faire courir de risque aux autres et les transformer en pierre telle Méduse. Lorsqu’on est dans la description de la Brèche, cet endroit fort particulier nous est décrit comme l’entrée de l’enfer avec une épitaphe sur le portail tirée de l’Enfer de Dante et autres notions bien connues comme le Tartare où sont enfermés les plus grands criminels dans la mythologie, le travail incessant des bagnards comparés à des Sisyphes (Sisyphe a été condamné à rouler une pierre en haut d’une montagne et doit le faire chaque jour car elle roule jusqu’en bas à chaque fois).

En bref, si vous cherchez de l’action passez votre chemin car ici il n’y en a point, Rivages est un ouvrage atypique de fantasy contemplative à portée philosophique écologique sur notre rapport à la Nature et aux autres. Prenez le comme une sorte de guide slow-life ou une façon de se trouve un Ikigaï (raison de vivre pour les japonais), bref, il y a comme un petit côté développement personnel en plus de coup de pied au cul philosophique, manière de polie de nous dire « BOUGEZ-VOUS LE CUL POUR CHANGER OU ON VA TOUS CREVER ». Voilà ^^ c’était sympa dans le genre promenons-nous dans les bois.

D’autres avis chez : CelindanaeL’oursUranieAelinelOrionCarolivreToutouLutin,

Bonne lecture !

14 réflexions au sujet de “Rivages par Gauthier Guillemin”

  1. AH! je n’ai pas trouve que « manière de polie de nous dire « BOUGEZ-VOUS LE CUL POUR CHANGER OU ON VA TOUS CREVER » » était si présent et évident que cela, plus une autre vision.
    En cela je le remercie de se passer de cette facette moralisatrice très en vogue dans les romans français.

    Aimé par 1 personne

  2. Je suis sacrément tentée, surtout lorsque tu écris : « ouvrage atypique de fantasy contemplative à portée philosophique écologique sur notre rapport à la Nature et aux autres. ».
    Bam, là je suis collée au mur, il me le faut !!! 😀

    Aimé par 1 personne

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