Fantasy, Lectures "La tête dans les étoiles"

La Chanson d’Arbonne par Guy Gavriel Kay

Editions l’Atalante

Collection La Dentelle du Cygne

624 pages

Paru en 2019 (première parution VF 1995)

 

Quatrième de couv’ :

Bien qu’ils soient voisins, les pays de l’Arbonne et du Gorhaut semblent aussi différents que le soleil l’est de l’astre de la nuit.
Au sud, les oliviers et les vignes de l’Arbonne s’épanouissent alors que les troubadours célèbrent l’amour courtois, la joie de vivre et la déesse Rian. Au nord, la terre sombre et austère du Gorhaut porte un peuple de farouches guerriers qui ne jurent que par l’épée et adorent Corannos, le dieu mâle.
Gouverné depuis peu par Adémar, roi cruel et mesquin, le Gorhaut est sur le point d’envahir l’Arbonne, affaibli par la lutte intestine de deux de ses principaux ducs, Bertran de Talair et Urté de Miraval, et gouverné par une femme, Cygne Barbentain.
Face à l’armée du Gorhaut soutenue par la colère de Corannos, les chances de l’Arbonne paraissent bien minces. Mais le pays de l’amour courtois est aussi celui de la magie et des passions : Béatrice, la prêtresse aveugle de Rian, son hibou blanc sur l’épaule, et Blaise, un mercenaire du nord venu se mettre au service de l’Arbonne afin de mieux contester l’autorité d’Adémar, pourront peut-être infléchir le cours de la guerre !

Mon avis :

Dans notre découverte de la bibliographie de Guy Gavriel Kay, voici notre lecture du mois de janvier :

  • L’intrigue :

Le Gorhaut est un pays qui vivote après la paix signé avec la Valensa. Ce pays de l’Arbonne où tout pousse et gazouille dans la pure félicité est tout de même tentant et éradiquer cette engeance d’hommes faibles et de femmes ne sachant se tenir à leur place est la marotte du primat de Garsenc. Cela tombe bien, un roitelet faiblard, Adémar du Gorhaut, est manipulable à souhait et il sait qu’avec celui-là sa haine de l’Arbonne va pouvoir prendre forme comme il le désire, du feu, du feu et du sang partout.

La félicité de l’Arbonne n’est peut-être pas tout à fait réelle…sous le regard de Blaise, le drame qui s’est joué il y a plus de 20 ans pourrait enfin trouver sa conclusion, n’est-il pas malheureux qu’une guerre soit nécessaire pour crever cet abcès ?

  • Les personnages :

Bertran de Talair et Urté de Miraval sont les hommes les plus puissants du royaume d’Arbonne mais ils sont à couteaux tirés depuis plus de 20 ans, un lourd secret pèse sur trois familles et un peuple entier, une incertitude qui empêche Bertran de tuer son ennemi. A l’origine de ce différent, une femme, Aëlis de Miraval, blessée d’être un objet d’alliance entre sa famille de Barbentain et Miraval qui désirait l’amour et la liberté, morte en couches.

Cygne de Barbentain dirige l’Arbonne, à part sa fille Béatrice de Barbentain, tous ses enfants sont morts ainsi que son mari. Elle est à l’hiver de sa vie et craint pour son pays, la paix signée entre le Gorhaut et la Valensa rend l’Arbonne vulnérable à l’invasion. Béatrice est la grande prêtresse de la déesse Rian, cela la rend donc inapte à succéder à sa mère, la mort d’Aëlis sur laquelle les espoirs de descendance pesaient à tuer les projets dans l’oeuf. La nièce de Cygne, Ariane de Carenzu, reine de la Cour d’amour, sera donc celle qui prendra la tête du pays.

Blaise du Gorhaut est un mercenaire, sa réputation motive l’intérêt du duc de Talair qui le prend à son service. Bertran a l’intelligence et la finesse pour savoir que Blaise est plus que ce qu’il semble être et les évènements vont lui donner raisons. L’époque de la douceur de vivre et de la poésie est révolue, la guerre vient aux portes de l’Arbonne, arrive le temps de la tactique militaire.

Galbert de Garsenc est le primat du dieu Corannos à la Cour du Gorhaut. Fin politicien, il manipule le jeune roi, Adémar qui a succédé à son père et signé la paix avec Daufridi de Valensa mettant fin à une guerre que le Gorhaut gagnait de toute façon à un prix exorbitant et humiliant. La colère gronde sous le règne de ce jeune roi cruel et qui n’a clairement pas les épaules pour diriger son pays, il est temps de jeter en pâture l’Arbonne et sa déesse Rian aux guerriers du Gorhaut pour les détourner d’une possible insurrection.

Rosala de Garsenc fait partie de la famille du primat grâce à son mariage avec son fils ainé, Ranald. Ce dernier ancien champion du roi Duergar est tombé dans la boisson et excite le mépris de son épouse, elle est enceinte et le regard du roi Adémar lui fait courir des frissons dans le dos, quand elle sera libérée de son enfant elle sait qu’il voudra en faire sa concubine et sait également que son beau-père ne sera que trop heureux de la lui livrer du moment que ça augmente son emprise sur ce faible roitelet.

  • Deux mondes qui s’affrontent : 

L’Arbonne représente la beauté, la joie de vivre, la place des femmes, de la musique et de la poésie sont au centre de tout, le soleil fait crouler les vignes et les oliviers sous les fruits murs. La comtesse de Barbentain dirige le pays, c’est une déesse qui est vénérée, une grande prêtresse qui la représente et le monde des troubadours est gouverné par Ariane. Urté et Bertran sont ducs, ils font partis des plus puissants de ce pays mais doivent s’incliner face aux décisions de Cygne qui aura toujours le dernier mot.

A contrario, le Gorhaut est un pays froid et austère, il est difficile de travailler la terre pour des moissons chiches et les bonnes terres ont été perdues lors de la signature du traité de paix. C’est un pays de guerriers voué au dieu Corannos, les femmes sont méprisées et maltraitées, celles qui osent être effrontées sont fouettées, brûlées comme sorcières, si le roi réclame la femme d’un de ses subordonnés il est bien évident que le mari ne peut refuser mais comme l’amour c’est pour les faible…Alors ce pays de cocagne où les hommes sont soumis aux femmes n’excitent que leur mépris, ils les appellent femmelettes, émasculés.

En bref, encore une super lecture réalisée en bonne compagnie, une fin pleine de rebondissements où le fameux secret datant de 23 ans trouve enfin son dénouement, doux-amer.

D’autres avis chez : L’OursAelinelSometimesLupa,

Bonne lecture !

8 réflexions au sujet de “La Chanson d’Arbonne par Guy Gavriel Kay”

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