Lectures "La tête dans les étoiles", Science Fiction

Qui a peur de la Mort ? Par Nnedi Okorafor

th-2

Editions ActuSF

Collection Perle d’épices

Ebook

Paru en 2017

 

Quatrième de couv’ :

Afrique, après l’apocalypse. Le monde a changé de bien des façons, mais il est une région où les génocides intertribaux continuent d’ensanglanter la terre.
Une femme survit à l’anéantissement de son village et au viol commis par un général ennemi.
Elle erre dans le désert dans l’espoir d’y mourir, mais donne naissance à une petite fille dont la peau et les cheveux ont la couleur du sable.
Persuadée que son enfant est différente, extraordinaire, elle la nomme « Onyesonwu », ce qui signifie, dans une langue ancienne : « Qui a peur de la mort ? »
À mesure qu’Onye grandit, elle comprend peu à peu qu’elle porte les stigmates physiques et sociaux de sa violente conception. Des pouvoirs magiques aussi insolites que remarquables commencent à se manifester chez elle alors qu’elle est encore enfant. Sa destinée mystique et sa nature rebelle la poussent à quitter son foyer pour se lancer dans un voyage qui la forcera à affronter sa nature, la tradition, l’histoire, l’amour, les mystères spirituels de sa culture, et à apprendre enfin pourquoi elle a reçu le nom qu’elle porte.

Mon avis :

Depuis le temps que j’entends parler de ce livre, j’ai profité du challenge façon jeu de l’oie de ma copine Caro pour le sortir (j’en ferai un bilan début avril pour présenter le truc vu comme ça marche bien il y aura d’autres sessions) :

  • L’intrigue :

Dans ce monde, il y a deux peuples, celui des okekes né de la nuit, condamné à être un peuple esclave avec la peau noire, et celui des nurus né de la lumière des étoiles, à la peau doré, qui est le peuple dominant cherchant à exterminer les okekes. L’héroïne est une ewu, enfant née du viol, sa mère, Najiba, voit en sa fille un être spécial et la nomme Onyesonwu qui signifie Qui a peur de la Mort ?

Onyesonwu a 20 ans quand elle relate son histoire et revient à ses 6 ans dans la partie appelée Devenir, quand sa mère décide de quitter le désert pour que sa fille puisse aller à l’école, elles s’installent à Jwahir et Onye comprend que sa couleur et ses tâches de rousseur la mette en marge de la société. L’âge de ses 11 ans amène deux choses marquantes dans sa vie, suite à un étrange évènement elle se découvre des pouvoirs magiques, elle est donc eshu (sorcière) qui sera donc un marqueur supplémentaire de différence et elle décidera de participer au Onzième rite qui consiste à exciser les petites filles le premier jour des pluies et cet évènement va les lier, Onye ira en cachette car sa mère trouve cet acte barbare et inutile mais la fillette à soif d’intégration et c’est le moyen qu’elle trouve pour se faire 3 amies qui vivront l’excision avec elle, Luyu, Binta et Diti. L’apparition de ses pouvoirs magiques lui révèle également un ennemi mortel et pour apprendre à se protéger et les utiliser elle a besoin de l’enseignement sauf que…c’est une femme et le sorcier Aro refuse de lui enseigner les Points mystiques, Elève sera donc la partie où Onye réussit à faire plier ce système patriarcal et la partie Guerrière fait place à la réalisation de la prophétie.

Il est spécifié dans le synopsis que c’est une Afrique post-apocalyptique, personnellement le côté post-Apo je ne l’ai pas vu, on est bien dans un monde moderne car il y a des mentions d’ordinateurs, de scooters et de téléphones portables mais les horreurs relatées sont malheureusement très actuelles et pas futuristes. Par contre, on se sent parfaitement transporté dans le continent africain qui nous est transmis avec les codes culturels, les sons et les odeurs d’épices, le désert. On voyage autant qu’on apprend énormément de toutes ces femmes fortes qui composent avec cette société.

  • La construction et les thèmes abordés :

C’est Onyesonwu qui nous raconte son histoire avec une forme narrative en « je » (personnage homodiégétique). Elle commence son récit deux jours avant son exécution et raconte son histoire à un personnage qui prend des notes sur un ordinateur, elle revient donc à son enfance. Le roman est découpé en trois parties, Devenir, Elève et Guerrière. Ces parties représentent chacune une étape de la vie d’Onye qui vont exploiter différents thèmes qu’on voit peu en fantasy mais beaucoup aux informations qui parlent des guerres qui ravagent le continent africain.

Onyesonwu est une ewu autrement dit une enfant de la violence, le viol étant utilisé comme arme de guerre. Avec le personnage de Mwita on a également un aperçu sur les enfants soldats. Les femmes okekes doivent composer avec une culture très patriarcale, la magie étant normalement réservée aux hommes, Onye devra se battre pour que le sorcier Aro daigne lui donner un enseignement. Il sera également question de l’excision, pas au sens où la mère ou quelqu’un de la famille force la fillette à se faire mutiler mais le poids de la tradition étant tel que le « choix » d’Onye est celui de l’intégration vs l’exclusion alors qu’elle est déjà rejetée par son ascendance.

En bref, j’ai beaucoup aimé ce roman qui nous montre l’histoire d’une femme au caractère bien trempé et qui composera sa vie en intégrant parfaitement sa culture à son désir de liberté. Je n’ai pas ressenti de baisse de régime en milieu de roman comme certains blogueurs l’avaient relaté, j’ai trouvé au contraire cette histoire initiatique tout à fait linéaire et bien menée. Un petit bémol juste pour l’héroïne un chouilla trop impulsive et qui n’a pas l’air d’apprendre de ses erreurs ce qui est un poil agaçant.

D’autres avis chez : IngridBlackyL’OursMJCelindanaeAelinelXapur.

Bonne lecture !

18 réflexions au sujet de “Qui a peur de la Mort ? Par Nnedi Okorafor”

  1. Ce livre figurait dans mes déceptions de l’année 2018. J’ai absolument détesté la dernière partie. Je n’en pouvais plus de la relation Onye/Mwita. C’est dommage car j’ai aimé une partie du roman surtout pour les thèmes qu’il soulevait.

    Aimé par 1 personne

    1. Onye n’a malheureusement pas évolué mais tous les thèmes soulevés et l’écriture m’ont suffisamment intéressé pour que la lecture reste plaisante, l’héroïne aurait été mieux traitée je pense que ça aurait été mieux ☺️

      Aimé par 1 personne

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