Lectures "La tête dans les étoiles", Science Fiction

L’Arithmétique terrible de la misère par Catherine Dufour

Le Bélial’ 2020

Quatrième de couv’ :

Et si, après plus d’un siècle de vie, vous vous retrouviez dans un corps tout juste sorti de l’adolescence ?
Et si, en guise de petit boulot, le huitième cumulé depuis le début du mois, on vous proposait enfin un vrai job : mourir ?
Et si, finalement, votre meilleur ami était ce machin bizarre aux allures de R2-D2 laissé par votre coloc’ dans l’appartement ?
Et si vous n’étiez pas vous, mais le clone de vous ?
Et si Patrick Bateman était… une femme ?
Et si l’Intelligence Artificielle avait déjà gagné ?
En dix-sept récits comme autant de coups de couteau, Catherine Dufour esquisse les contours d’un futur qui ne parle que de nous-mêmes, la place qu’on y prendra et, de fait, la manière dont il nous traitera. Une science-fiction radicale, à l’os, à en faire mal parfois, souvent à en rire, à en pleurer toujours — de joie comme de tristesse.

Mon avis :

Merci aux éditions Le Belial’ et à Catherine Dufour pour l’envoi de ce colis surprise :

Glamourissime ! 20 mai 2040 : A cette époque le design de concernera plus l’ameublement de nos maisons ou l’urbanisation de nos villes ou encore la coupe de nos vêtements, non, le design se mêlera à la science pour se mettre à créer de la sensation sur mesure pour se glisser dans la peau d’une star ou avoir l’adrénaline d’un sport extrême, rien que ça.

L’Arithmétique de la misère : Bootz est vlogueur de mode et cherche à captiver son audimat. Chaque jour est un casse-tête pour faire la bonne photo, la bonne accroche. Un jour qu’il se balade aux puces pour trouver du vintage, de l’authentique, il rencontre Nadir qui lui présente Saint-Ouen et Pantin avec sa population de migrants climatiques et son marché sauvage, les situations administratives ubuesques de la France.

Oreille amère : Ah, l’Asmr, quel monde merveilleux de l’ouïe, ça me rappelle qu’il y a bien longtemps que je n’en ai pas écouté tiens. Dans cette nouvelle, un gredin du nom de Stac crée une chaîne autour de la composition de bouquets de fleurs réalisée par Von Lomon grâce à une technologie de pointe, un milieu assez sombre va y prendre part avec le dealer à la petite semaine.

Une fatwa de mousse de tramway : Gabriel Seiter bosse dans l’industrie, il est commercial et vend du matériel pour centrale nucléaire entre autre. Il en a marre de se faire avoir par son entreprise qui ne respecte pas les versements de prime quand il cartonne dans ses ventes. Il finit d’ailleurs par prendre une commande par-dessus la jambe comme son collègue lui avait conseillé et les conséquences vont lui flanquer la gerbe, bienvenue dans le cynisme du profit à tout prix.

WeSiP : Cards est statisticien chez le géant Amazon, il évalue nos consommations et ce que ça dit de nous. Le problème c’est que cette obsession se tourne vers sa famille et qu’il prédit carrément l’avenir de son ado Stan selon ses habitudes de consommation, la vie privée n’existe plus avec internet et les données personnelles.

La Mer monte dans la gamelle du chat : La nouvelle qui t’informe qu’écologiquement, les gosses c’est pas ça 🤓 mais pour savoir le pourquoi du titre, je vous laisse découvrir, c’est rigolo 😄

Tate Moon : Dominique surnommée Dfg est une vieille artiste de 90 ans qui visite sa dernière œuvre en date dans un musée sur la Lune. C’est une visite dans ses souvenirs au crépuscule de sa vie dans un monde où il parait insensé de ne pas souhaiter prolonger sa vie grâce à la technologie.

Sans retour et sans nous : 2 jeunes adultes font leur vie dans le cocon familial, élevés ensemble par deux mères qui ont fait des enfants pour s’occuper en attendant leur départ sans retour pour Mars. Un petit robot va soutenir la sœur genderfluid à se sortir de sa dépression.

Bobbidi-Boo : Mac végète dans sa vie malgré ses expériences olfactives et gustatives aux 4 coins du monde. Son ami Qvatre psychosociologue partage la connexion de Mac pour ses recherches qui vont révolutionner les connaissances sur la pédocriminalité.

Sensations en sous-sol : En 2327, petit-Pékin est un lieu d’expérimentations pour toujours plus de sensations. On peut se mettre toutes sortes d’implants et changer de physique très facilement, on peut même se faire des greffes insolites sexuelles.

Pâles mâles : Imagine un monde où viser le CDD est vu comme un luxe car l’emploi standard ne donne pas plus de 24h de visibilité pour payer ton loyer et tes factures, toujours en train de candidater et de se former avec FlexEmploi, nos deux héros nous dépeignent un monde du travail plus pervers que jamais.

Enemy Isinme : En 2036, on fabrique sa propre puce implantable sous peau à l’école. Les élèves ont le choix du thème et de la conception, Louis Tellegen choisit les faits divers, il crée un monde de fantômes et découvre quelque chose.

En noir et blanc et en silence : La science avance inexorablement et prend le pas sur la Nature et la Mort même, après des greffes de ceci et de cela pourra-t-on un jour arriver à la greffe ultime dans des corps d’emprunt ?

Un temps chaud et lourd comme une paire de seins : Ulalee Giampietto, 44 ans, est lieutenant de la Brigade criminelle à Seattle. Elle nous raconte son histoire, sa progression dans la hiérarchie et la façon dont elle a géré un cold case. L’histoire est un prisme inversé de notre société sur la violence des femmes.

Le Tête raclant la lune : Toujours la lieutenante Ulalee comme protagoniste, cette fois pour des histoires d’hommes sexuellement mordus par un crotale. L’histoire commence comme une mise en abîme de la précédente, avec de nouveau la genèse d’Ulalee, puis on passe à l’enquête criminelle, toujours ce changement de paradigmes, la violence des femmes et les noirs riches, l’ADN trafiqué.

La vie sexuelle d’Alfred de M. : Musset fait partie de ses nombreux auteurs qu’on étudie à l’école mais c’est sous un nouveau jour qu’il nous est présenté ici, on va s’attarder sur le côté festif et sous la ceinture de ce cher Musset, un beauf comme il y en a tant 🤓

Coucou les filles ! : Catherine Dufour se désole de toute la littérature misogyne qu’on trouve à la pelle mais la pauvreté de son pendant misandre, elle a espéré longtemps que quelqu’un s’y colle mais à part un ou deux textes, rien, nada. Elle s’y est donc adonnée sans joie pour mettre sa pierre à l’édifice. Alors, est-ce misandre ? Je n’ai pas trouvé personnellement, c’est une psychopathe notre héroïne, ça oui, mais elle nous donne de bonnes envies de se remettre aux loisirs créatifs ^^

En bref :

Glamourissime ouvre le bal de ce recueil et on retrouvera des publicités qui parsèment le recueil ici et là. La majorité des nouvelles sont de la SF mais quelques-une sont contemporaines, beaucoup interrogent ou font flipper sur notre avenir, certaines sont faciles à entrevoir dans notre quotidien comme la fameuse collecte des données personnelles par Amazon et consorts, d’autres sont un peu plus éloignés de nous et on ne peut qu’espérer que cela restera du fantasme pervers et pas la triste réalité mais….c’est mal barré. Et on rigole un peu quand même hein, y a de l’espoir ou du moins un bon esprit d’autodérision pour alléger cette humanité autodestructrice.

D’autres lectures chez : Tigger Lilly, Le Chien Critique, Boudicca, Orion, Laird.

Bonne lecture !

4 réflexions au sujet de “L’Arithmétique terrible de la misère par Catherine Dufour”

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