Lectures "La tête dans les étoiles", Science Fiction

Le Vivant par Anna Starobinets

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Editions Pocket

504 pages

Paru en 2017 (2012 pour la VO)

 

Quatrième de couv’ :

Dans un futur lointain, les humains sont connectés via des implants à un réseau commun. Ensemble, ils forment un organisme unique, le « Vivant ». La mort n’y existe pas : dès qu’un individu est « mis sur pause », son code génétique renaît dans un nouveau corps. Le nombre d’humains est constant – trois milliards.

Le Vivant vacille sur ses bases lorsque l’impensable survient : un homme naît. Il est sans code, sans patrimoine, il n’est la réincarnation de personne. On l’appelle Zéro. Placé sous étroite surveillance, il devra trouver des réponses sur son identité dans un monde réputé parfait…

Mon avis :

Je poursuis ma découverte de la bibliographie de cette autrice russe, Anna Starobinets :

  • L’intrigue :

En 439 après le Vivant, Hanna est une jeune femme enceinte mais dont le bonheur va rapidement déchanter. Le gynécologue n’arrive pas à scanner l’incode de son enfant, c’est une anomalie qui ébranle fortement tout le Vivant au plus haut niveau, il faut faire un choix. Hanna garde son bébé mais cet enfant sera toujours vu comme un virus et Zéro, notre héros, sera scruté et surveillé tout au long de sa vie. Comment le monde parfait du Vivant a-t-il pu déraper ? Zéro est-il un ennemi ? Les scientifiques ne savent qu’en penser…

  • Le monde :

Un jour, il y eu une grande Compression, le nombre d’humains a drastiquement chuté sous différentes formes, guerres et pandémie de masse entre autres. Dès que le nombre d’humains a baissé à 3 milliard, tout s’est arrêté d’un coup et le Vivant est apparu. Cette entité est la perfection incarné, la mort a été annihilée, la maladie également, tous les humains sont connectés entre eux dans une parfaite symbiose et surtout ce chiffre rond est fait pour durer éternellement….jusqu’à l’arrivée impromptue de Zéro qui est le +1 le plus craint de tout le Vivant par sa seule existence.

La mort a disparu, oui et non, disons qu’il y a une parfaite synergie entre « Mise en pause » et « Reproduction » pour que le chiffre de 3 milliards dure toujours. Pour la vie comme la mort, on se rend dans le festival d’Aide à la Nature qui comporte deux zones, la zone de Pause pour ceux qui vont cesser momentanément d’exister et et la zone de Reproduction qui va permettre la réincarnation des mis en pause. C’est un cycle sans fin. Quand on gratte le vernis le côté « magique » se barre assez rapidement, il est interdit de ne pas faire d’enfant, de prendre un contraceptif ou pire d’avorter, pour ne pas s’astreindre à la reproduction une femme doit produire un certificat médical psychologique pour se voir délivrer une contraception, je ne sais pas ce qu’il en est pour les hommes mais comme ce ne sont pas eux qui portent les enfants et que les parents ne s’occupent pas des enfants sur le long terme, j’imagine qu’ils ne sont pas concernés. Par contre pour la mise en pause, l’égalité revient. Cette mise en pause commence à être proposée à 45 ans, à 50 les autorités te le rappellent un peu plus fermement, si à 60 ans tu ne t’y es toujours pas rendu on vient te chercher, la Pause sera forcée.

Cette réincarnation est suivie tout au long du processus grâce à l’incode, une sorte de code-barre unique pour chaque humain qui permet de retrouver n’importe lequel partout où il peut se trouver. On peut louer des coffres dans la banque Renaissance pour entreposer nos souvenirs de nos vies antérieures, on aura un droit d’accès à partir d’un certain âge. Ce flicage généralisé a permis de rendre les prisons obsolètes, à la place il y a des maisons de correction où on place les anciens criminels dès leur naissance où ils devront se corriger en général sur plusieurs incarnations pour revenir dans la vie normale. Il y a tout de même une Liste noire où les criminels sont enfermés dans les maisons de correction à perpétuité.

  • L’humain devenu un programme informatique :

En plus de l’incode qui nous est attribué une fois pour toute quelque soit notre ADN à travers les siècles, on a un implant qui permet aux humains d’être connectés cerveau à cerveau. Ce système permet de tchatter avec les gens que l’on souhaite, se faire des groupes d’amis, sortir dans le Socio et créer toute sorte de choses pour s’amuser. On peut aussi bien s’envoyer des mails, des documents que faire des parties d’échecs ou de sexe dans ce monde virtuel sans limite. On télécharge dans cette implant des logiciels d’apprentissage pour les enfants au point qu’ils ne savent pas écrire dans la vie réelle (première strate) mais ils le peuvent parfaitement dans le monde virtuel.

Cette vie en réseau se fait sur plusieurs strates, la première strate est la vie réelle et elle est pas mal méprisée pour ceux comme Zéro et les déficients mentaux qui y sont condamnés, ne pas être connecté au Socio est extrêmement mal vu, être un aSocio c’est se retrouver à l’écart du Vivant et des autres. Les autres strates sont au nombre de 12 au total et plus on est puissant socialement et plus on monte haut dans les strates et dans le gouvernement. Le problème de vivre constamment dans sa tête c’est qu’en première strate, les gens ne bougent jamais, il y a un énorme problème d’obésité assez généralisé dans cette société, tout se fait de manière virtuelle.

Zéro ne faisant absolument pas partie de ce tout, il est considéré comme un bug, un virus. Le Vivant est une sorte d’entité type Intelligence artificielle bien plus qu’un être…vivant justement, les termes employés par l’autrice nous renvoient toujours sur le thème de l’informatique, de l’internet en général et cette société est extrêmement surveillée, le bonheur est obligatoire, ce qui est vu comme une anomalie peut nous rendre criminel et nous envoyer en maison de correction pour plusieurs vies, et ce qui est criminel c’est : vouloir garder ses enfants auprès de soi, ou son compagnon de vie, vouloir faire famille comme dans l’ancien temps et d’autres détails de ce qui ce faisait avant l’apparition du Vivant.

En bref, ce roman d’anticipation est intéressant dans sa façon de présenter nos travers actuels, cette vie à travers les écrans plutôt que dehors, la force des réseaux sociaux, le souci de l’écologie et le drame vis-à-vis des animaux qui ayant été perçus comme vecteurs de maladie face aux pandémies ont été pratiquement exterminés avant l’apparition du Vivant, ça aussi c’était une réflexion qui était bien actuelle en cette période de…pandémie justement. Ce roman est bien plus SF que le premier que je vous ai présenté, la weird est plus présente dans le prochain roman à venir, Refuge 3/9.

Bonne lecture !

4 réflexions au sujet de “Le Vivant par Anna Starobinets”

  1. Je l’ai lu au début du confinement, et je n’ai vraiment pas aimé. J’ai trouvé le style lourd, et la fin m’a laissé perplexe. La partie avec Zéro lorsqu’il est enfant puis la 2e partie est intéressante, mais la 3e m’a un peu énervée, car il renie tout. Je reste très mitigée sur cette lecture, qui est ma première de cette autrice. Je m’attendais à autre chose. Après, on ne peut pas tout aimer 😉

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