Fantastique, Lectures "La tête dans les étoiles"

Bénies soient vos entrailles par Marianne Stern

Editions du Chat noir 2020

Quatrième de couv’ :

Je suis sorcière.
Je parle aux morts, je perce les secrets de la nuit, les cimetières sont mon refuge. Je suis une hérésie, comme l’homme qui se tient à mes côtés : John, mon amour, une flaque opalescente dans les ténèbres revenue d’outre-tombe. Nous regardons danser les toits d’Oakwood dans la pâleur de l’aube.
Là-bas, au village, ils l’ignorent encore, mais ils auront besoin de moi. Moi, l’ensorceleuse qu’ils haïssent tant. Le solstice d’hiver apporte l’angoisse, les gelures, la glace et le sang, des fleurs cramoisies en bourgeons dans la neige. Tous, ils auront peur, ils combattront les ombres… mais que peuvent de simples mortels, quand elles ébranlent le village dans ses fondations, insaisissables, impitoyables ? Que peuvent-ils contre les démons ?
Je vous délivrerai car tel est mon destin.
Je vous délivrerai, à condition que le trouble naissant étreignant mes entrailles ne vienne me perturber. Car il y a cet homme et contre lui, je me retrouve, hélas, impuissante.

Mon avis :

Dans ce roman, Marianne Stern retourne au village d’Oakwood qu’elle avait exploré à l’occasion d’un recueil il y a quelques années, Les chroniques d’Oakwood, avec cette fois, en plus des sorcières et des fantômes maudits, une entité démoniaque :

  • L’intrigue :

Nous sommes en 1607 lors de la période de Yule (qui est devenue Noël par la suite), où le maire, le Comte Edward, a autorisé l’installation d’une caravane de saltimbanques pour l’occasion sur la place centrale du village d’Oakwood au grand dam du prêtre Irwin, qui hurle contre cette fête païenne qui va dévoyer les faibles citoyens. Lors de cette nuit fatidique, une jeune femme est retrouvée assassinée et atrocement mutilée dans une ruelle juste à côté de la fête sans que personne n’ait rien remarqué et un des saltimbanques est retrouvé mort également dans une étrange configuration en plein coeur du cimetière. Il n’en faudra pas plus au prêtre Irwin pour hurler aux démons et aux sorcières et tenter de prendre le pouvoir sur le maire en soulevant la population, car le Comte Edward tarde à intervenir et les cadavres s’amoncellent.

  • L’ambiance :

Le roman se passe entre nuits noires et jours blafards emprisonnés d’un froid glacial, entre balades dans le cimetière jusqu’au fond d’une cave où s’aligne les cadavres. Qui dans le village sème des corps mutilés, est-ce l’oeuvre d’un démon comme l’affirment pour la jeune Elaine et un de ses amis, l’apothicaire Swann Greylock et son assistante qui vient à peine d’arriver à sa demande au village ? Qui est-elle ? Et d’ailleurs, qui est ce Swann, homme de science taiseux qui ne se mêle pas beaucoup aux villageois. En plus des morts qui ne cessent de survenir, il y a également la jeune Emily qui est portée disparue depuis une énième humiliation lors de la fête de Yule, se cache-t-elle, est-elle partie du village pour échapper au mariage arrangé que son père organise ou est-elle également victime du démon ?

Le fanatisme du prêtre Irwin est à son comble, il est prêt à cramer tout ce qui bouge et porte un jupon, il jubile d’avance de mettre la main sur le coupable et de le châtier lui-même à la place du maire et devenir le héros du village, il a un profond désir d’humilier son adversaire ce qui n’est pas très catholique ^^

Swann Greylock est un personnage très énigmatique, Lynn ne ressent pas de pouvoir en lui, ce n’est donc pas un sorcier mais il se dégage de lui une impression de danger qui l’intrigue beaucoup. Lynn et Irwin sont les personnages les plus emblématiques des chroniques d’Oakwood mais il ne sera pas nécessaire de lire le recueil avant le roman car les détails qu’on a besoin de savoir sont parfaitement insérés dans le récit, on situe parfaitement la relation entre ses personnages et d’où vient la peur de Lynn à l’encontre du village d’Oakwood.

  • Méh :

J’ai bien aimé globalement ma lecture mais la relation entre Swann et Lynn m’a beaucoup déplu, je l’ai trouvé très malsaine, une sorcière badass qui se liquéfie devant le mâle et devient faiblarde c’est un trope que j’ai trop vu dans la bit-lit et que je ne veux plus voir. Ces personnages sont suffisamment intrigants pour eux-mêmes, il n’y avait pas besoin de créer cette relation pseudo amoureuse bizarre.

En bref :

Malgré cette fausse note sur la relation spéciale entre nos protagonistes les plus énigmatiques, j’ai bien aimé ma lecture pleine de fantômes et de sorcellerie, lugubre à souhait entre ruelles sombres et cimetière. Un roman à l’ambiance gothique que je vous recommande pour Halloween.

D’autres avis chez : Ombrebones,

Bonne lecture !

Ce roman valide le thème d’octobre du challenge Hold my SFFF : Sorcières

5 réflexions au sujet de “Bénies soient vos entrailles par Marianne Stern”

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